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„La cavalerie légère, en pointe !“ - Hussards français et allemands s’entraînent en zone alpine
Illkirch-Graffenstaden, 12.12.2011 (291). „Berg Heil “, prononcé avec l’accent français, voilà les saluts (NdT : de montagnards) qui fusent en ce moment au sommet de l’Edelweißlahners à la frontière austro-allemande. Le camarade n’a pas encore retrouvé tout son souffle, lorsqu’il reçoit avec fierté l’insigne frappé de l’edelweiss de la main du guide militaire de haute montagne allemand. De même que 50 autres militaires, français et allemands, de l’arme des blindés légers (reconnaissance) : pour la partie allemande, la 4e compagnie d’investigation et de reconnaissance du Jägerbataillon 291 implanté à Illkirch-Graffenstaden et, pour la partie française, le 3° Régiment de Hussards issu de Metz. Les deux unités séjournaient en commun sur le terrain d’exercice de Reiteralpe du 28 novembre au 5 décembre 2011.
Deux
pays, des garnisons différentes, mais une brigade – et en outre, la même arme.
Le programme d’instruction élaboré dans le but d’améliorer la condition physique et de renforcer l'esprit de camaraderie de ces unités commença l'après-midi du 28 novembre 2011, lorsqu’elles firent jonction à la station inférieure de la Wehrtechnischen Dienststelle 52 (centre technique de la Bundeswehr) de Bad Reichenhall et que les chefs, le commandant Säugling et le lieutenant Facchin, se furent salués. Après un dénivellé de 1000 mètres surmonté en trois heures, l’unité, accompagnée avec assurance par le guide militaire de haute montagne, le sergent-chef Rehmeier, prit ses quartiers dans le chalet de Lenzenkaiser III, apprêté pour les accueillir. Le sergent-chef Rehmeier l’accompagna également pendant la formation et lui apporta, notamment, un soutien en tout point remarquable, de par son expérience
professionnelle.
Car, à de rares exceptions près, les militaires français et allemands, étaient au début confrontés à un environnement auquel ils étaient peu habitués. Toutefois, cet état de choses allait évoluer rapidement. En commençant par des cours et une formation de base pour assimiler les différents noeuds et systèmes de fixation et s'équiper avec le harnais d'escalade, les camarades furent progressivenemt initiés à la montagne, de sorte qu’ils purent dès mardi débuter l'instruction de descente en rappel : certains touchèrent leurs limites. Très investis, gonflés à bloc et toujours de bonne humeur, les jeunes militaires des deux pays firent connaissance.
En rupture avec le programme physiquement exigeant de la semaine, la visite de l'Obersalzberg constitua une distraction d’un très grand intérêt d’un point de vue de l’histoire militaire. Ce jour là, le lieutenant-colonel Frank Lindstedt, commandant du Jägerbataillon 291 venu d’illkirch-Graffenstaden accompagna ce contingent bi-national. Ensemble, les militaires des deux pays découvrirent l’histoire de l’ancien village Obersalzberg et de son importance pendant le IIIe Reich.
Un volet de l’histoire allemande, aujourd’hui encore aussi important pour les Allemands que pour les Français ; une soirée récréative avec du vin chaud et un feu de camp pour terminer la journée. Il a été plaisant d’observer comment ces deux jours d’instruction commune lors desquels ils se sont assurés mutuellement à l’aide de cordes ont permis de rapprocher encore les soldats des deux nations. Les efforts qu’ils ont dû fournir pour surmonter ensemble les difficultés les ont soudés, par delà même les éventuelles barrières
linguistiques.
D’autres entraînements ont suivi comme le pont de singe, le service médical et le secours en montagne ou encore un perfectionnement de descente en rappel et des exercices d’escalade. La « marche à l’Edelweiss » de vendredi était le point culminant de la semaine de formation. Après une descente d’env. 600 mètres, une remontée à 1200 mètres attendait les soldats sous un soleil radieux. Après 18 kilomètres de marche qui a demandé 12 heures, incluant la montée au sommet de l’Edelweislahner, chacun des participants a reçu en récompense l’insigne de l'Edelweiss des troupes de
montagne.
Les deux jours suivants et pour terminer ce programme d'instruction, les soldats ont pu approfondir leurs connaissances dans les techniques de descente en rappel et d’escalade, mais aussi dans la marche en montagne; le samedi a été consacré à la cohésion et à l’amitié dans une ambiance de camaraderie. Le lendemain matin, la troupe entretemps soudée par l’amitié est redescendue en téléphérique dans la vallée où les adieux ont eu lieu, non plus dans la distinction Allemands / Français, mais comme
camarades.
Tant le chef de compagnie allemand que le chef de section français ont déclaré que cette coopération avait été un véritable succès. Tous les objectifs du programme d’instruction ont pu être mis en œuvre avec une grande motivation de la part des soldats, la clémence du temps peu hivernal et quelque peu inhabituel pour cette période ayant joué un rôle non négligeable. En souvenir, il restera une semaine de montagne certes dure pour certains, mais riche en événements ainsi que la perspective qu’il pourrait y avoir bientôt un nouveau programme d’instruction au profit des unités de reconnaissance blindée allemandes et françaises.
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